Attio : faut-il enregistrer ses appels dans une note ou dans un objet ?
Une note d'appel se lit très bien, mais elle ne se compte pas. De la note à l'objet Appel, le chemin que suivent la plupart des équipes dans Attio, à partir d'un cas réel.
Votre équipe passe des appels : des prospects à convaincre, des clients à relancer, des inscrits qui n'ont pas terminé leur parcours. Pour garder une trace de ces appels dans Attio, la première solution qui vient à l'esprit est la note. D'ailleurs, la plupart des outils d'appel qui se connectent à un CRM proposent exactement cela : la date de l'appel, le transcript et le résumé généré par l'IA, le tout rangé dans une note rattachée au record de la personne.
C'est un bon départ. Cependant, le jour où vous voulez analyser vos appels, la note montre ses limites. Cet article suit le chemin que parcourent la plupart des équipes, de la note à l'objet dédié, à partir d'un cas réel.
La réponse courte
Une note d'appel se lit très bien, mais elle ne se compte pas. Elle suffit pour préparer le prochain appel ; en revanche, dès que vous voulez mesurer vos appels (leur nombre, leur durée, leur résultat, ce qui mène à une signature), il vous faut un objet Appel, avec un record par appel, relié à la personne appelée et au membre de l'équipe qui a appelé.
Pourquoi la note est-elle un bon point de départ ?
Parce qu'elle répond au premier besoin de celui qui appelle : savoir où en est la conversation. Avant de décrocher, le commercial ouvre le record, lit les dernières notes et retrouve le dernier sujet abordé. Mieux encore, une petite couche d'IA peut lire toutes les notes récentes et en tirer un résumé en trois points : ce qui était attendu, ce qui a été traité, ce qui reste en suspens.
Avec une note par appel, on a donc l'impression que le travail est fait. Pour l'humain qui appelle, c'est d'ailleurs le cas.
Où la note atteint-elle sa limite ?
Elle l'atteint dès que la question ne porte plus sur une personne, mais sur l'ensemble des appels. Combien de temps durent vos appels en moyenne ? Parmi les personnes devenues clientes, quelles accroches ont le mieux fonctionné, quels mots revenaient, pour affiner votre pitch ? Pour répondre, il faut une donnée un minimum structurée. Or une note est un texte.
On peut certes s'en sortir si les notes sont écrites de manière standardisée : si chaque note suit le même modèle, avec toujours le même mot, deux-points, puis le détail, un outil de parsing peut les découper et en extraire les valeurs. Mais c'est un travail de rattrapage, et il casse dès qu'une note s'écarte du modèle. Le plus simple reste donc de structurer la donnée dès le départ.
Un attribut sur la personne suffit-il ?
C'est souvent l'étape suivante, et elle peut suffire au début. Prenons une équipe qui fait du cold call sur une liste. Une case à cocher « déjà appelé » lui dit qu'elle est passée au moins une fois sur chaque personne. En revanche, elle ne dit ni quand, ni combien de fois.
On peut alors ajouter une date de dernière tentative, puis un nombre de relances. Ces attributs restent lisibles tant que le processus a une fin. Si l'appel ne sert qu'à faire entrer la personne dans votre base, la donnée cesse de bouger une fois cette étape franchie, et vous pouvez l'analyser.
En revanche, si la personne reste en base et que vous la rappelez régulièrement, pour de nouvelles campagnes ou de nouvelles offres, le compteur perd son sens. Avec quatre relances au compteur, vous ne savez plus si vous l'avez relancée pour qu'elle devienne cliente, pour la première campagne ou pour la suivante. Un appel porte trop d'informations pour tenir dans un attribut : sa durée, la personne qui a appelé, le résultat, ce qui s'est dit, sa date. Et une même personne est appelée plusieurs fois.
À quoi ressemble un objet Appel ?
Un appel n'est pas une propriété de la personne : il relie deux records, le membre de l'équipe qui appelle et la personne appelée. C'est précisément le cas où il faut un objet intermédiaire, comme nous l'expliquons dans Attio : relation many-to-many ou objet intermédiaire, comment choisir ?
L'objet Appel comporte ainsi :
- une relation vers la personne appelée ;
- une relation vers le membre de l'équipe qui a appelé ;
- l'heure de début, la durée et le résultat de l'appel ;
- le résumé, le transcript et l'URL de l'enregistrement, pour pouvoir réécouter l'appel ;
- un record par appel, si bien qu'un second appel à la même personne crée un second record au lieu d'écraser le premier.
Remarquez que le résumé et le transcript ne disparaissent pas : ce que contenait la note devient un attribut de l'appel. Le commercial continue donc à lire avant d'appeler, et l'équipe peut enfin compter.
Quand l'équipe déroule des listes d'appel, un second objet, Liste d'appel, permet aussi de les mesurer. Il porte le nombre de personnes, le type de liste, les critères qui ont servi à la construire, ainsi que le début et la fin de son utilisation.
Comment remplir l'objet Appel sans saisie manuelle ?
Un objet rempli à la main serait aussi fragile qu'une note. La donnée doit donc arriver d'elle-même depuis l'outil qui passe les appels.
- Le webhook est la meilleure option : à chaque appel terminé, l'outil envoie l'appel au CRM, qui crée le record.
- À défaut, une récupération planifiée : un outil d'intégration va chercher les appels récents et fait un « insert or update », c'est-à-dire qu'il crée les appels nouveaux et met à jour ceux qui existent déjà. En relisant une période plus large que l'intervalle entre deux passages, il rattrape sans effort un passage qui aurait échoué, et une alerte vous prévient en cas d'erreur.
Quant au rythme, il dépend de votre usage. Un passage chaque nuit permet de piloter au jour le jour. Toutefois, l'analyse demande du volume : avec un ou deux commerciaux dont la moitié de l'agenda est déjà prise par des rendez-vous, un passage hebdomadaire suffit souvent. Beaucoup d'outils facturent d'ailleurs à l'usage, en crédits ; il faut donc arbitrer entre le besoin, le coût et les contraintes de chaque outil.
Enfin, centralisez ces transferts dans un même outil. Quand une partie passe par un workflow du CRM, une autre par un script nocturne et une troisième par un webhook, plus personne ne sait ce qui part où, et chaque erreur devient difficile à retrouver.
À quoi ça ressemble sur le terrain ?
Chez une fintech dont nous avons construit le CRM Attio depuis zéro, l'équipe commerciale a adopté un dialer parallèle. Cet outil compose quatre ou cinq numéros en même temps et passe au commercial le premier qui décroche, si bien qu'une liste se déroule plusieurs fois plus vite. Il y avait donc beaucoup plus d'appels, et autant de notes qui ne se seraient jamais comptées.
Nous avons créé un objet dédié aux appels, avec tous les attributs que l'outil mettait à disposition, relié à la personne appelée et au commercial. Chaque nuit, les appels des dernières 48 heures sont récupérés et insérés ou mis à jour dans Attio. Ils partent aussi vers la base de données de l'entreprise, qui alimente un tableau de bord : quelle liste a été exploitée, quand, par qui, et avec quel taux de réponse. L'activité d'appel et l'appartenance aux listes arrivent ainsi directement sur le record, et la performance se mesure par liste et par commercial, dans la même couche de reporting que le reste du funnel. L'intégration a été construite en deux jours.
Une fois les appels structurés, la question suivante devient possible : quelle liste a réellement produit des signatures ? Nous détaillons ce calcul dans Comment structurer les données d'un tableau de bord dans Excel ou Google Sheets ?
Et les réunions en visio ?
Elles obéissent aux mêmes contraintes. Un rendez-vous sur Google Meet ou en visio avec un client produit lui aussi une date, une durée, un transcript, un résumé et un enregistrement, et une note ne permettra pas davantage de les analyser.
L'enjeu n'est toutefois pas le même partout. Il est fort quand la réunion sert à signer un client : c'est là que l'analyse de ce qui fonctionne a le plus de valeur. Il est plus faible pour une discussion avec un partenaire potentiel, où il y a peu de volume et peu de chiffres à tirer.
Questions fréquentes
Faut-il supprimer les notes une fois l'objet Appel en place ?
Non. La note reste utile pour ce qui ne rentre dans aucun attribut. En revanche, tout ce que vous voulez compter, à commencer par la durée et le résultat, va sur l'objet Appel.
Pourquoi ne pas utiliser un multi-select avec une date ?
Parce qu'un appel porte trop d'informations pour un seul attribut, et qu'une même personne est appelée plusieurs fois. Nous détaillons les limites du multi-select dans Multi-select dans Attio : ce qu'il permet, ses limites, et quand le garder.
L'objet Appel consomme-t-il une place d'objet custom ?
Oui. Les objets custom sont comptés selon votre plan Attio : dépensez-les sur ce que vous voulez vraiment mesurer. Pour arbitrer, voir Attribut, liste ou objet custom dans Attio : comment choisir ?
Comment analyser les appels en dehors d'Attio ?
En envoyant régulièrement les données vers un tableur ou une base SQL, où vous les croisez avec vos listes et vos signatures. Voir Comment envoyer automatiquement vos données Attio vers Google Sheets ou une base SQL ?
Vous voulez structurer les appels de votre équipe dans Attio ? Appelez Amaury ou écrivez-lui directement : en dix minutes, il vous dit par où commencer. Par téléphone ou WhatsApp au +33 6 79 34 13 31 (WhatsApp), ou sur LinkedIn. Pour aller plus loin, le programme ADA's Experts pour Attio accompagne les équipes qui construisent leur Attio depuis zéro.